Yoan Severin s’éclate au Servette FC, où il a rejoint un vestiaire uni et retrouvé le plaisir de jouer. Nous l’avons rencontré dans les loges du Stade de Genève le jour de son 21e anniversaire.


Bon anniversaire Yoan ! Quel est ton programme de la journée ?
Merci beaucoup ! Je vais aller rendre visite à mon ami Yacine qui était mon coach lorsque j’évoluais comme junior à Evian. Nous sommes restés en contact depuis que j’ai quitté le club et vu que je suis revenu dans la région, ça me permet d’aller rendre visite à des connaissances !

En raison de ton passage à Evian, tu dois sans doute bien connaître Genève et ses environs ?
Oui, tout à fait. Je connaissais déjà bien Genève ainsi que la région frontalière, Annemasse, Gaillard, Thonon, etc.

Qui es-tu Yoan Severin ?
Je suis une personne simple et réservée, surtout lors des premiers contacts, quand je ne connais pas bien mes interlocuteurs. Lorsque j’arrive dans un nouveau club comme cette saison, je suis timide de prime abord, avant de me dévoiler petit à petit lorsque je commence à appréhender mon nouvel environnement.

Tu es originaire de quelle région en France ?
Je viens de Villeurbanne à Lyon. J’y suis né et j’y ai passé toute mon enfance. Cette ville compte beaucoup pour moi et j’essaie d’y retourner le plus souvent possible. Lorsque j’ai plus d’un jour de congé, je m’y rends pour voir ma famille. C’est très important pour moi.

Quand as-tu commencé le football ?
J’ai commencé à l’âge de six ans. Mon père a toujours pratiqué ce sport et m’a transmis ce virus. À force de l’entendre parler de football, ça m’a donné envie et je me suis lancé là-dedans ! J’ai débuté dans un petit club dans le Nord-Isère à L’Isle d’Abeau avant de partir dans le club phare de la région à Bourgoin-Jallieu. Il y avait un partenariat avec l’Olympique Lyonnais et j’ai rejoint Lyon pendant deux ans avant d’atterrir à Evian. Après l’ETG, la Juventus puis la Belgique et enfin Servette.

Que t’as apporté ce passage à la Juventus ?
J’ai appris énormément tactiquement mais aussi gagné au niveau de ma maturité. Je suis arrivé tout seul à Turin à l’âge de 17 ans sans parler un seul mot d’italien. C’était très compliqué au début et je me suis même demandé si cela valait la peine de continuer… J’ai pu compter sur ma famille et mes amis pour m’accrocher, serrer les dents, et
poursuivre ma progression. J’ai énormément mûri à la Juve.

Arriver à 17 ans dans un club comme la Juventus ça doit être quelque chose quand même, non ?
Lorsque j’étais à Evian et que j’ai appris que la Juventus s’intéressait à moi, j’avais de la peine à y croire. Il y a un monde d’écart. Quand j’ai mis les pieds à Turin, je suis entré dans une autre dimension. Tout est plus grand, c’est hors-norme.

Tu arrives ensuite en Belgique à Zulte.
Le coach me voulait car il m’avait vu en sélection, il me restait alors six mois de contrat à la Juventus. Au début tout s’est bien passé, je joue les six premiers matches et je suis élu deux fois homme du match. Arrive ensuite une rencontre que l’on perd à domicile face aux avant-derniers. L’équipe passe complètement en travers et moi aussi. A partir de ce moment-là, le coach ne m’a plus adressé la parole et ça a été une véritable rupture. Il m’adressait la parole uniquement lorsque je me rendais en sélection pour me dire que c’était une belle publicité pour le club. C’était très compliqué et je ne comprenais pas trop ce qui m’arrivait. J’étais conscient d’avoir raté mon match mais j’estime que cela peut arriver à tout le monde. Au bout d’un
moment, ce manque de confiance m’a poussé à aller voir ailleurs.

Ailleurs, ça a été le Servette !
Je suis venu pour jouer. J’étais clairement en manque de temps de jeu et je voulais relancer ma carrière. Jusqu’à présent, je l’ai eu. Je savais que le Servette était un club important en Suisse et qu’il n’avait rien à faire en Challenge League. Le projet sportif m’a tout de suite convaincu. Après six mois, je tire un bilan plus que positif de cette expérience.

Tu as toujours été défenseur ?
J’étais attaquant lorsque j’étais tout petit mais cela n’a pas duré bien longtemps (rires). J’ai joué en défense depuis la catégorie U11.

Le poste de latéral gauche est relativement nouveau pour toi, non ? Comment l’appréhendes-tu ?
C’est vrai que je suis un défenseur central de formation. J’ai déjà dépanné à ce poste lors de mes années en jeunes. A la Juventus, on jouait parfois à trois derrière et j’étais à gauche, donc je ne partais pas non plus en terrain inconnu. Lors des premiers matches, j’ai eu quelques difficultés mais plus la saison avance, plus je me sens bien à ce poste.

Tu dis que tu as eu des difficultés au début, pourtant le club a continué à te faire confiance.
C’est très important pour moi. Le club a continué à me faire confiance et j’en suis très heureux. Le staff était de toute façon au courant que latéral gauche n’est pas mon poste de prédilection. J’ai parfois des réflexes de
défenseur central mais je crois que je m’adapte bien et rapidement.

Tu dois te projeter vers l’avant maintenant et tu as déjà inscrit deux buts, tes deux premiers en professionnel.
Oui ! Cela me fait très plaisir. Je suis d’autant plus heureux que c’est sur le jeu offensif que je dois faire le plus de progrès. Ces buts sont venus récompenser mon travail.

Est-ce que tu apprécies le jeu offensif ?
J’aime bien, oui. Il y a encore beaucoup de points sur lesquels je dois travailler.

De qui es-tu proche dans l’équipe ? Qui t’a aidé à t’acclimater ?
Tout le monde ! Le vestiaire est très soudé et il n’y a vraiment aucun clan, chose que je n’avais pas connue en Belgique. Tout le monde s’entend très bien. Timothé Cognat, que j’avais rencontré lors de mon passage au centre de formation de l’OL, m’a beaucoup aidé à m’intégrer.

Est-ce que tu as des passions dans la vie à part le football ?
J’aime bien jouer à la Playstation. De manière générale, après les entraînements, j’aime bien aller un peu en ville. J’ai souvent des amis de Lyon ou d’Evian qui passent me voir et on se ballade à Genève ou en France voisine. J’accorde également beaucoup de place au repos.

Si tu devais être un autre sportif, qui serais-tu ?
Teddy Riner. Pas à cause du sport, j’apprécie le judo mais pas plus que cela. Ce que je trouve extraordinaire c’est sa mentalité. Il a beau avoir remporté tous les titres possibles, il garde sa soif de vaincre et son esprit de compétition. C’est admirable.

Quel est le meilleur joueur avec qui tu as joué ? Qui t’as le plus impressionné ?
Paul Pogba. Quand je m’entraînais avec les pros à la Juve, il m’a clairement impressionné.

Tu es passé par les équipes de France junior, c’est exact ?
Oui, tout à fait. J’ai été sélectionné en U19 et en U20. En U20, on est allé à la Coupe du Monde avec une belle équipe : Saint-Maximin, Dubois, Terrier, Harit, Augustin, Bernardoni, Diop. C’était une belle génération. C’était la première compétition internationale que je disputais et j’en garde des bons souvenirs.

Dans un match de « five », tu prends qui dans ton équipe ?
Je ne prends que des joueurs du SFC. Je commence par Rouiller car j’estime que dans un match avec cinq joueurs il faut une bonne technique pour un défenseur. Wüthrich ensuite, c’est le joueur le plus à l’aise techniquement du groupe. Cognat pour sa vivacité. Devant, je mets Alphonse. Alex, c’est une grosse intelligence de jeu. C’est le « padre » du groupe.

C’est important dans une équipe d’avoir un joueur avec son expérience ?
Oui, il nous apporte toute son expérience. Avant les matches, il a toujours les mots pour nous rassurer. Pendant les rencontres, il nous guide et nous donne des conseils.

Qui sera en couverture du prochain match ?
Andrea Maccoppi

Quelle est ta question pour Andrea ?
Pourquoi lorsqu’il rate quelque chose sur le terrain, il dit toujours « Mozzarella cazzo » ?

On finit avec la question que Kastriot Imeri t’a posée : d’où te vient cette timidité ?
J’ai toujours été comme ça depuis que je suis tout petit, mais maintenant ça va mieux !